COMMENT PRODUIRONS-NOUS EFFICACEMENT EN 2020?
Sept experts examinent l’industrie manufacturiere de demain
Lors du MTMS MNE Network Event, trois experts en technologie et quatre CEO de l’industrie manufacturière se sont penchés sur les objectifs et les défis du secteur en vue de 2020. De quelle façon les entreprises doivent-elles se préparer pour l’industrie manufacturière de demain? Faut-il innover au niveau du produit, du processus ou de la stratégie? Quel est le rôle de l’opérateur dans l’industrie de plus en plus numérisée? Les membres du panel ont partagé leur vision et tenté d’apporter quelques solutions adaptées.
MANUFACTURING 2020
2020 approche à grands pas, et de nombreuses entreprises sont en quête de solutions d’efficacité. Quand on évoque l’avenir, on entend souvent que la numérisation joue un rôle crucial. L’approche des défis de demain constituait la base de cet échange d’idées entre sept experts au sein de l’industrie manufacturière. Dirk Torfs de Flanders Make, le Prof. Dr. Ing. Bert Lauwers, Bart Van der Schueren de Materialise, Luc Bovijn de Dana, Stefaan Boterberg de Duracell Batteries et Patrick Dooms de Daikin ont discuté sous la houlette de Marc Lambotte, CEO d’Agoria, de comment ils voyaient le secteur évoluer et comment ils préparaient leur entreprise, leurs organisations et le marché pour 2020.
TRANSITION NUMERIQUE
Industrie 4.0 ou transition numérique. Ces termes sont utilisés à tort et à travers. Il y a des partisans comme des opposants, mais une chose est sûre: elles sont devenues incontournables. Patrick Dooms, Department Manager Production & Production Engineering Daikin, débute: “Il est avant tout important d’avoir toujours un objectif en tête. Numériser pour numériser n’est pas bon. On doit numériser en vue d’un objectif clairement défini. Dans la production, il s’agit souvent d’une amélioration du rendement et/ou de la qualité.”
INNOVATION AU NIVEAU DU PRODUIT
D’après Dirk Torfs, CEO de Flanders Make, les entreprises doivent s’adapter au monde de plus en plus numérique et innover plus. “Les entreprises hésitent à investir de l’argent dans la recherche sur les processus de production et l’innovation au niveau du produit. C’est une erreur. Il faut investir de manière fondamentale pour pouvoir profiter X années plus tard du Return On Investment. A partir de là, on franchit d’énormes pas en avant. Les entreprises surfant sur cette vague aujourd’hui seront les lead plants de demain.”
DATA CAPTURING
Bart Van der Schueren collecte depuis un moment déjà toutes sortes de données avec Materialise: “Le Data Capturing ne date pas d’hier. La seule différence par rapport à avant, c’est que la collecte de données est aujourd’hui très rapide et bon marché. Un excédent de données collectées n’est pas grave. On peut, en effet, y trouver les solutions aux problèmes de demain. D’autre part, nous devons toujours nous demander comment exploiter les données utilement. De quelle manière les données peuvent-elles créer une plus-value pour votre entreprise? Les entreprises doivent avoir une réponse à cette question avant de miser pleinement sur le numérique.”
"D’autre part, nous devons toujours nous demander comment exploiter les données utilement"
Duracell Batteries collecte une quantité énorme de données. Ils ont réfléchi à la manière d’utiliser ces données efficacement. “Nous avons connecté tous les systèmes entre eux et un jumeau virtuel est créé de chaque pile fabriquée. Quand une mauvaise pile nous est signalée, nous procédons à une analyse du jumeau virtuel et tentons de résoudre le problème. Grâce aux répliques virtuelles, nous deviendrons de plus en plus efficaces et à terme d’une qualité supérieure”, explique Stefaan Boterberg.
OPERATEURS
L’opérateur d’aujourd’hui n’est pas l’opérateur de demain. Les ensembles de tâches et ordres de travail évoluent et nous en sommes à un stade où une bonne dose de connaissance va quitter le secteur en raison des nombreux opérateurs ayant atteint l’âge de la retraite. Une foule de collaborateurs doivent être préparés aux tâches de demain. Comment aborder ceci au mieux? Dirk Torfs trouve que l’opérateur ne doit pas avoir l’impression d’être subordonné à la machine. “Les gens doivent être impliqués dans le processus. La technologie doit être mise à la disposition de l’opérateur, mais il doit toujours se sentir important et contribuer réellement au processus. Nous devons démontrer clairement ce que cette évolution peut leur apporter.”
Toujours selon Dirk Torfs, les écoles doivent intégrer plus rapidement les technologies dans l’enseignement. “Les dernières technologies doivent être mises en versions de base à la disposition des écoles. Ici, une révolution s’impose vraiment au niveau de la mentalité, mais surtout aussi des moyens financiers.” Bert Lauwers, Prof. Dr. Ing. à la KU Leuven, pense que les machines vont évoluer de plus en plus et qu’au fur et à mesure de l’évolution, la numérisation se renforcera: “Les machines deviennent petit à petit plus intelligentes, c’est un processus continu. Nous devons seulement veiller à ce que cela reste accessible pour tous. L’opérateur doit pouvoir interférer d’une manière simple et attractive avec la machine ou le système. C’est un peu comme les voitures: elles sont aussi de plus en plus complexes mais la base reste la même. Le chauffeur est soutenu par toute sorte d’électronique et voit ainsi son confort et sa sécurité accrus.”
Apprentissage dual
L’apprentissage dual se situe dans le prolongement de la création de nouveaux moyens pour les écoles. Le panel compte des entreprises ayant de bonnes comme de moins bonnes expériences. Patrick Dooms a lancé un projet-pilote avec deux étudiants, suivant un parcours dual. “Tout le monde est gagnant. Les gens motivés reçoivent d’une part un encadrement sur le terrain et nous hésitons d’autre part moins à les embaucher après la formation”, raconte-t-il. Toutes les entreprises n’ont toutefois pas une aussi bonne expérience avec l’apprentissage dual. Stefaan Boterberg: “Nous sommes enthousiastes quant au concept mais alors, les écoles doivent faire preuve de flexibilité.” Le Prof. Dr. Ing. Bert Lauwers est actif dans le monde académique et enchaîne: “Je crois en l’apprentissage dual, mais les deux parties doivent se montrer flexibles. Je suis convaincu que la combinaison de l’enseignement et du terrain est l’avenir de l’enseignement.”
ADDITIF VERSUS SOUSTRACTIF
Bart Van der Schueren a évoqué plus tôt dans la soirée les techniques d’impression 3D de plus en plus efficaces. Mais l’usinage soustractif pâtira-t-il du succès grandissant de l’Additive Manufacturing? Le Prof. Dr. Ing. Bert Lauwers pense que non: “Les deux techniques resteront importantes. On observe toutefois des évolutions, c’est clair. Nous allons produire de plus en plus en mode additif mais les deux ont encore un rôle à jouer.”
Bart Van der Schueren a indiqué que l’Additive Manufacturing pour les séries de test était de plus en plus attractif. “Les coûts diminuent tout doucement. De ce fait, des séries un peu plus grandes et des pièces moins complexes peuvent être fabriquées. Pour la production additive, nous collaborons de manière très ciblée avec des partenaires dans des domaines spécifiques. Des chirurgiens cardiologues ont ainsi pu simuler une opération sur un cœur imprimé en 3D, ou nous fabriquons des montures de lunettes sur mesure. Deux cas bien spécifiques, mais nous créons toujours une plus-value pour l’utilisateur.”
Le coût général de l’Additive Manufacturing n’est pas variable. L’Additive Manufacturing n’est, de ce fait, intéressant que pour les petites séries ou les pièces très complexes. Les perspectives d’avenir de l’Additive Manufacturing s’annoncent toutefois bonnes. Le coût va donc diminuer et de plus grandes séries et des pièces moins complexes pourront ainsi être fabriquées.













