Systemes de fixation

Le CBAM frappe de plein fouet les acheteurs de matériel de fixation

Pourquoi de nombreuses entreprises ne sont pas encore prêtes

CBAM
Un dialogue proactif sur le CBAM, la transparence des données sur les émissions et une planification conjointe des coûts futurs font une différence significative

Pour de nombreux directeurs de production, les prix de l’énergie, les pénuries de main-d’œuvre et les perturbations des chaînes d’approvisionnement figurent en tête de leurs priorités, devant le mécanisme de correction carbone aux frontières de l’UE (CBAM). Pourtant, à compter du 1er janvier 2026, le CBAM ne sera plus une simple obligation de déclaration, mais une réalité financière. Les acheteurs de matériel de fixation et d’autres composants industriels, en particulier, continuent de sous-estimer son impact, ce qui pourrait entraîner des coûts élevés.

21 septembre 2026

Trois idées reçues tenaces

Une idée fausse très répandue est que le CBAM ne serait qu’« une question relevant des fournisseurs ». En réalité, cela est faux à trois égards :

Premièrement, le CBAM est structurel. Il ne s’agit pas d’une surtaxe temporaire, mais d’un instrument permanent de l’UE visant à aligner les coûts liés au carbone des marchandises importées sur ceux de la production européenne et à prévenir les fuites de carbone. À partir de 2026, la taxe s’appliquera chaque année à chaque envoi, en évoluant au gré du prix du CO₂ et du taux croissant du CBAM.

Deuxièmement, les coûts seront finalement répercutés sur l’acheteur. L’importateur européen devra acheter et restituer des certificats CBAM correspondant aux émissions intrinsèques. Le prix de référence se situe actuellement autour de 87 euros par tonne de CO₂, avec des prévisions politiques allant vers 200 à 300 euros par tonne d’ici 2034, à mesure que les quotas gratuits disparaîtront. Pour les produits complexes et à forte intensité carbone tels que les matériaux de fixation — dont la majeure partie des émissions provient de la fusion et du laminage de l’acier —, cette charge est considérable et ne peut être supportée de manière durable par les importateurs.

Troisièmement, la mise en conformité nécessite des investissements dans les données, les systèmes et les processus. En l’absence de données d’émissions vérifiées et de preuves des prix du carbone éventuellement payés ailleurs, les importateurs se rabattent sur les valeurs par défaut maximales. Cela se traduit par un coût correspondant au « scénario le plus défavorable », qui se répercute sur l’acheteur.

Pourquoi les éléments de fixation sont-ils vulnérables ?

Les matériaux de fixation ne sont pas explicitement mentionnés dans le CBAM, mais relèvent, en vertu de leurs classifications douanières, de la catégorie « fer et acier » et sont donc soumis à la réglementation. La réalité de la chaîne d’approvisionnement accentue cette exposition : plus de 85 % du volume de l’UE provient de pays tiers, principalement d’Asie, souvent via des négociants européens. Un passage massif à une production exclusivement européenne n’est pas réalisable à court terme. Cette catégorie présente donc inévitablement une exposition structurelle au CBAM que les acheteurs ne peuvent pas « acheter », mais qu’ils peuvent gérer.

Leadership et collaboration

Les fournisseurs les plus solides n'abordent pas le CBAM comme une simple hausse de prix, mais comme une opportunité de partenariat. Un dialogue proactif sur le CBAM, la transparence des données d’émissions et une planification conjointe des coûts futurs font une différence significative. Il est crucial de distinguer les valeurs par défaut des données vérifiées fournies par les fournisseurs : ces dernières peuvent réduire considérablement l’exposition à long terme. Dans le même temps, les fabricants européens comme non européens doivent s’engager en faveur de la réduction des émissions. Les distributeurs peuvent utiliser leur réseau pour remodeler la chaîne d’approvisionnement autour de partenaires désireux et capables d’investir dans la décarbonisation. Cela va au-delà de la simple conformité : c’est une opportunité stratégique de construire un écosystème de fournisseurs plus durable et plus compétitif.

Le délai est serré

Le calendrier officiel donne l’impression d’une marge de manœuvre : les déclarations annuelles relatives à 2026 ne doivent être remises qu’en mai 2027. Dans la pratique, il n’y a pas de marge confortable. La collecte et la vérification des données d’émissions prennent du temps, tandis que les capacités de vérification sont encore en cours de développement. Les négociations de prix en cours doivent d’ores et déjà refléter la réalité du CBAM de 2026, car les contrats actuels seront bientôt soumis à ce régime. Le CBAM n’est pas près de disparaître ; les acheteurs qui l’abordent comme un défi stratégique sortiront renforcés de l’année 2026, contrairement à ceux qui le considèrent comme un simple désagrément en matière d’achats.

Ce que les acheteurs peuvent faire dès maintenant

- Recenser l’origine et les codes SH des articles concernés afin de déterminer leur couverture au titre du CBAM.

- Demandez aux fournisseurs des données vérifiées sur les émissions et des justificatifs des prix du carbone payés.

- Intégrez des scénarios CBAM dans les accords de prix et les contrats, y compris l’indexation sur les prix du CO₂.

- Privilégiez les fournisseurs qui peuvent démontrer une réduction de leurs émissions et disposent de processus de données transparents.

- Mettez en place des systèmes internes et une gouvernance adaptés à la collecte, à la vérification et au reporting des données.

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