LE LAQUAGE EST UN METIER QUI EXIGE BEAUCOUP DE DISCIPLINE
Une finition réussie commence par la préparation
On ne peut pas nier qu’un traitement de surface tel que le laquage restera toujours un aspect ayant un énorme impact sur la valeur d’un produit final. Si vous ne parvenez pas à obtenir une surface parfaite et totalement lisse, vous ouvrez la porte à la corrosion ou autres imperfections et d’un point de vue visuel, vous ne faites pas honneur à l’aspect général du produit final. Le laquage est aussi considéré – du reste, certainement pas à tort – comme un art, l’artiste devant faire preuve d’une très grande discipline pour délivrer la perfection visée. En tout cas, un travail réussi commence assurément par une préparation minutieuse du travail.
TECHNIQUES UTILISEES
Principes sous basse pression
Dans les principes de pulvérisation sous basse pression, l’air comprimé agit comme catalyseur du processus de pulvérisation via la cloche à air comprimé. L’essentiel pour une finition qualitative est le réglage correct de la proportion air comprimé-peinture.
- Pulvérisation conventionnelle:
La pulvérisation conventionnelle mélange l’air et la peinture sous une pression de sortie de 2,5 à 3,5 bars (à l’entrée du pistolet), avec comme conséquence une finition de haute qualité. Or, l’efficacité de transfert n’est que de 20 à 40%, si bien que cette technique n’est quasi plus utilisée. - HVLP (High Volume, Low Pressure):
Cette technique utilise une pression d’air de 0,7 bar (à l’entrée de la cloche à air comprimé) et fonctionne avec un débit d’air d’environ 425 l/min. Ceci crée une pulvérisation moins fine, mais un effet retour (bounceback) nettement moindre et une plus grande efficacité de transfert. Les inconvénients sont la plus faible vitesse de travail et qualité de finition, ainsi que la distance minime à conserver par rapport à l’objet (10 à 15 cm).
Application: laques métallique en phase aqueuse. - RP (Reduced Pressure):
RP travaille avec une pression de sortie de max. 1,4 bar à la cloche d’air comprimé. La technique combine une grande efficacité de transfert, peu de brume de vaporisation, une grande vitesse de travail et une bonne finition. - LVLP (Low Volume, Low Pressure):
LVLP s’appuie sur les principes HVLP, travaille sous une pression de pulvérisation de 1,8 à 2,2 bars et atteint une grande efficacité de transfert d’env. 74%. La technique dépend de la viscosité, tout comme le HVLP.
Principes sous haute pression
En plus des techniques qui fonctionnent sous basse pression, il existe aussi des alternatives qui utilisent une haute pression, telles que Pure airless et Airless-assisted (Aircoat).
PISTOLETS DE PULVERISATION
Celui qui pratique le laquage, a besoin de différents pistolets de pulvérisation, c’est-à-dire un pistolet pour la couche d’apprêt, un pistolet pour le métallique et un pistolet pour la couche de vernis. Chaque type de la génération actuelle est constitué d’un matériel de base résistant à la corrosion (plastique ou métal avec un revêtement). Les différences entre ces types se retrouvent dans le format de l’embout et la construction de la cloche à air comprimé. L'utilisation de pistolets à apprêt se caractérise par un profil de pulvérisation moins tendu. Pour le métallique, la pulvérisation est plus étalée et plus longue, ce qui résulte du fait que cette couche est déposée plus sèche par rapport à un apprêt ou un vernis. La cloche à air des pistolets pour laque neutre résulte dans une pulvérisation plus grasse dans le noyau par rapport aux pistolets métalliques.
COMMENT OBTENIR UN RESULTAT PARFAIT?
Préparation
Veillez à appliquer un apprêt sur la surface à pulvériser, à poncer fin avec minutie (mouillé ou sec) et enfin, à dépoussiérer complètement. Puis, vous continuez.
Choix de la peinture et caractéristiques
La peinture jouera aussi un grand rôle dans le résultat final. Par exemple, la viscosité de pulvérisation: les pistolets HVLP sont capables de tout pulvériser avec une viscosité sous les 22 secondes DIN‑CUP 4. Tout ce qui est supérieur, n’est pas réalisable. La teneur en matière solide de la peinture est du reste déterminante pour le résultat final. Ceci est ce qui reste (en théorie) après l’évaporation des substances volatiles. En d’autres termes, la teneur en matière solide est la différence entre la masse de peinture sèche et mouillée.
Le processus de pulvérisation
Une fois que vous vous avez fait le bon choix, essayez de suivre au mieux les directives du fabricant de peintures et du fabricant du pistolet. Il s’agit notamment de la stabilité de la couleur, de la proportion de mélange, de la pression d’entrée, de la taille de l’embout (ouverture de pulvérisation), ... Le plus difficile est et reste le maintien du pistolet à distance égale de la surface, et le déplacement en trajets verticaux avec un recouvrement d’environ 50%. En tout cas, la règle est que plusieurs couches minces sont meilleures qu’une seule couche épaisse. Et cela semble une évidence, mais la poussière doit être à tout moment évitée. Les cabines de pulvérisation sont le premier pas dans cette direction, mais là aussi, les poussières ou les courants d’air peuvent être néfastes pour le résultat final.
LAQUAGE ELECTROSTATIQUE
Pour les grandes surfaces, comme la pulvérisation de conteneurs, les pompes ou les réservoirs sous pression sont utilisés avec des pistolets de pulvérisation adaptés. En plus de ces formes de laquage traditionnelles, les tuyaux et les clôtures, par exemple, peuvent également être peints par voie électrostatique. La technique est dérivée du PECVD, ou Plasma-enhanced chemical vapor deposition. La méthode de nébulisation est basée sur le principe que les objets chargés négativement sont attirés par les objets chargés positivement.
Les gouttelettes de peinture sont chargées à l'extrémité du pistolet de pulvérisation. La tension nécessaire pour diriger les particules de peinture sur la pièce est de 8.000 à 10.000 volts par pouce d'air entre le pistolet et la pièce. La partie à peindre est électriquement neutre et les gouttes de peinture chargées sont attirées par l'objet. Le principal avantage de l'utilisation de la pulvérisation électrostatique est que l'on économise sur les coûts d'équipement (quantité de peinture et de revêtement) et de main-d'œuvre.
INNOVATIONS
Bien que la technique de base soit inchangée depuis pas mal de temps, il n’en va pas de même du matériel exigé. Les départements R&D des fabricants ne cessent de chercher comment réduire la consommation d’air de la cloche à air comprimé, la brume de vaporisation et la consommation de peinture, et comment accroître l’efficacité de transfert et l’ergonomie. Et certainement avec succès: les pistolets sont devenus nettement plus performants depuis des décennies. De nouvelles techniques de production font, par exemple, que les alésages des cloches à air comprimé sont nettement plus précis qu’avant et que la concentricité de l’aiguille par rapport à l’embout est aussi bien plus précise. Fort logiquement, ces développements affectent le résultat de pulvérisation. Même s’il convient de dire que de nombreux pistolets nettement moins qualitatifs arrivent sur notre marché via de nombreux canaux. Quoi qu’il en soit, la règle veut que la qualité a un prix. Et pour nous, le choix judicieux nous semble être de payer peut-être un prix d’achat plus élevé pour un pistolet plus qualitatif et d’éviter une kyrielle de problèmes (ou de plaintes!).
En bon père de famille
Les experts expérimentés ne le souligneront jamais assez: une réparation de carrosserie qualitative dépend de l’aspiration à la perfection de la surface pour l’utilisateur. Ce degré de perfectionnisme s’exprime dans une préparation du travail minutieuse, un processus de laquage soucieux des détails, et en plus, un grand soin apporté au matériel utilisé. En premier lieu, les pistolets de pulvérisation – le nettoyage de l’aiguille après chaque pulvérisation et le séchage du pistolet ne sont pas un luxe inutile – mais certainement aussi en ce qui concerne les consommables, à savoir la peinture proprement dite. Essayez de les conserver sous les conditions prescrites, ceci veut dire: température de pièce (20 °C). Sinon, la peinture risque de se dégrader sous des conditions estivales, ce qui se traduira inévitablement par des coulées.