L'UE étudie un label vert pour l'acier
Qu'est-ce que cela signifie pour l'industrie des métaux ?

Bruxelles envisage un label d'intensité carbone pour les produits sidérurgiques au niveau de l'UE. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de l'agenda industriel européen, dans lequel la production d'acier joue un rôle important dans la réalisation des objectifs en matière de climat et de compétitivité.
D'après les informations contenues dans les propositions de la Commission européenne, le label s'inscrit dans le cadre d'initiatives plus larges telles que le "Clean Industrial Deal" et l'Industrial Decarbonisation Accelerator Act (loi sur l'accélération de la décarbonisation industrielle). L'objectif est d'encourager les producteurs à utiliser des méthodes de production à moindre intensité de carbone et de rendre ainsi l'industrie sidérurgique européenne plus durable.
En quoi consiste un label "acier vert" ?
Le label proposé devrait indiquer la quantité de gaz à effet de serre émise lors de la production de l'acier. L'idée est qu'un chiffre d'intensité carbone inférieur indique que le produit est plus "vert" que l'acier produit de manière conventionnelle. Le label serait facultatif mais pourrait être utilisé dans le cadre d'instruments politiques tels que les marchés publics ou les appels d'offres préférentiels.
Pourquoi un tel projet?
L'Union européenne veut rendre son industrie plus forte et plus compétitive tout en œuvrant à la réalisation de ses objectifs climatiques pour 2030 et 2050. Avec cette loi, Bruxelles entend lutter contre la contraction de l'industrie et faire en sorte que l'industrie manufacturière représente 20% de la croissance économique d'ici à 2035. L'acier et les autres secteurs manufacturiers à forte consommation d'énergie sont des sources majeures d'émissions de carbone, et la Commission considère que les rendre plus durables est un moyen de protéger l'industrie manufacturière européenne pour l'avenir.
Impact potentiel sur le secteur
Pour l'industrie de l'acier et des métaux, un label européen attirerait davantage l'attention sur les performances en matière de CO₂ des lignes de production, sur les stratégies de réduction et sur la documentation. Il pourrait également offrir des opportunités dans les marchés publics ou sur les marchés où les produits durables sont favorisés. Dans le même temps, il est important que les critères soient techniquement réalisables et internationalement accessibles afin d'éviter toute perturbation de la chaîne d'approvisionnement européenne.