Suez recycle les metaux issus des dechets residuels

On trouve souvent dans les déchets résiduels des petits objets contenant du métal, comme des stylos à bille et des cartes à puce. Ces déchets sont traités dans des usines de valorisation énergétique, qui les transforment en électricité et en vapeur. Toutefois, le traitement de ces déchets génère un résidu: les mâchefers.
Après cinq ans de recherche, la division recyclage de Suez a mis au point un procédé pour récupérer et valoriser les très fines particules métalliques - des fractions de 0,250 mm à 2 cm - de ces mâchefers. A cette fin, une toute nouvelle usine de 12 millions d'euros a été construite dans la zone du canal de Gand. Elle a été baptisée Valomet.
D'abord, les mâchefers provenant de plus de cinquante usines européennes de traitement des déchets de Suez sont transportés vers le site de traitement Valomac à Grimbergen, où les particules métalliques sont filtrées. Elles sont ensuite transportés vers la nouvelle usine de Gand, qui extrait les concentrés de métaux non ferreux utilisables, principalement le cuivre et l'aluminium, ainsi que les métaux précieux (argent et or).
"A partir de 100 tonnes de déchets résiduels, nous pouvons extraire jusqu'à 200 kg d'aluminium pur, 50 kg de cuivre pur et 210 grammes de métaux précieux", explique Karen De Boeck, directrice commerciale de Suez Energy from waste. "Ce sont des déchets qui n'ont jamais été récupérés et qui disparaissaient avec le reste des mâchefers pour servir de substrat pour les routes, les parkings ou les pistes cyclables, ou comme matière première pour l'industrie du béton. Ainsi, en plus du recyclage, nous récupérons également des métaux qui étaient considérés comme perdus".
Les particules métalliques ultrafines sont revendues. Par exemple, le cuivre va à Umicore à Hoboken, qui possède l'une des plus grandes usines de recyclage de métaux précieux au monde. L'aluminium retourne ensuite dans les fonderies ou les raffineries. Selon Suez, les métaux ont une pureté de 70 %, soit trente fois plus que dans l'exploitation minière conventionnelle. Pour la récupération du cuivre, la consommation d'énergie est de 80 % inférieure à celle de l'exploitation minière conventionnelle, selon De Boeck. Pour l'aluminium, le chiffre est de 95 %. L'usine a une capacité de production annuelle de 12.000 tonnes de métaux non ferreux. C'est beaucoup plus que lorsque le projet pilote a été lancé en 2014 (1.300 tonnes).
"Valomet deviendra la référence du groupe pour la récupération des particules métalliques ultrafines issues de déchets résiduels", a déclaré le directeur des opérations, Jean-Marc Boursier, de Suez, lors de la présentation de l'usine. "Si tout se passe comme prévu, nous voulons augmenter sa capacité à 20.000 tonnes d'ici 2022". De Boeck estime que le marché des mâchefers en Europe est de 26 à 30 millions de tonnes par an. "Nous en traitons environ 3 millions de tonnes". En Flandre, il y a environ 3 millions de tonnes de déchets ménagers chaque année. Suez traite environ 2,5 % de ces déchets dans ses centrales. Le projet circulaire Valomet a reçu un million d'euros de soutien de la part du gouvernement flamand.
Source: De Tijd