Un parc de découpe modernisé accélère considérablement la préparation du soudage chez Iemants
Chez Iemants, fabricant de constructions métalliques lourdes, le chanfreinage des bords de tôle destinés aux soudures à pleine pénétration s’effectuait encore manuellement jusqu’à récemment. Au début de cette année, l’entreprise a fait rétrofiter sa machine de découpe plasma et remplacé sa machine d’oxycoupage. Désormais équipées d’une fonction de chanfreinage, les deux installations permettent de préparer les bords à souder sous commande CNC. À la clé : une préparation plus rapide, moins de travail manuel et une qualité de chanfrein plus constante.
Des constructions lourdes avec un important travail de soudage à pleine pénétration
Établie à Arendonk, Iemants est une filiale de Smulders qui assure l’ingénierie, la production, le traitement de surface et le montage de constructions métalliques lourdes et techniquement complexes.
Ses réalisations comprennent notamment des ponts, des pontons, des grues, des fondations d'éoliennes ainsi que des structures porteuses pour des plateformes de transformation et de conversion en mer. Lors de la phase de préfabrication, l'entreprise transforme des profilés et des tôles en pièces uniques.
"De nombreux assemblages de nos constructions métalliques doivent être soudés à pleine pénétration, ce qui exige, dans bien des cas, un chanfreinage des bords de tôles", explique Jef Geerinckx, ingénieur de production. Auparavant, ce chanfreinage était réalisé sur un poste de travail distinct et nécessitait beaucoup de main-d'œuvre, notamment à l'aide d'outils de meulage et d'une torche plasma manuelle.
Du chanfreinage manuel au chanfreinage CNC
Jusqu’au début de cette année, le parc de découpe se composait de deux machines plus anciennes: une machine de découpe plasma datant de 2009 et une machine d’oxycoupage de 1997. "La modernisation du parc de découpe nous offrait l’occasion d’organiser également la préparation du soudage de manière plus efficace", poursuit l'ingénieur de production.
Pour la découpe plasma, la machine MicroStep MG utilisée jusqu'alors a été équipée d'un nouveau portique doté de la fonction de chanfreinage. La vieille machine d'oxycoupage a quant à elle cédé sa place à une MicroStep CombiCut, également capable de réaliser des chanfreins.
Le fournisseur Wouters Cutting & Welding a participé activement à la réflexion sur la configuration. Lors de l'installation, ses techniciens ont collaboré avec ceux de MicroStep. Jef Geerinckx souligne à cet égard la fluidité de la communication et la grande disponibilité du fournisseur.
Découpe plasma et chanfreinage sur une même installation
Lors du rétrofiting de la MG, la table de découpe existante de 6 × 24 m et l'unité de filtration ont été conservées, ce qui a permis de réduire les coûts d'investissement. L'installation modernisée peut découper de l'acier d'une épaisseur de 0,5 à 120 mm.
Pour pouvoir également chanfreiner avec cette machine, l'entreprise l'a fait équiper d'un rotateur plasma qui permet de réaliser facilement des chanfreins dans des tôles jusqu'à 40 mm d'épaisseur – et même jusqu'à 50 mm selon la géométrie du chanfrein. L'angle de chanfreinage peut atteindre 50°. Les chanfreins simples, comme un chanfrein en 'V' ou en 'A', peuvent être réalisés en une seule passe de découpe – les géométries de bords à souder plus complexes nécessitent plusieurs passes.
Deux portiques pour les tôles plus épaisses
Pour les tôles plus épaisses, Iemants a opté pour une machine d’oxycoupage CombiCut dotée d'une zone de travail nominale de 19,5 × 4,5 m et de deux portiques. Le premier portique dispose de six chalumeaux oxycoupeurs verticaux pour effectuer des coupes parallèles. Le second portique sert au chanfreinage des bords de tôles.
Pour de nombreux contrats dans la construction de ponts et le secteur offshore, l'entreprise doit réaliser un chanfreinage non seulement pour former des bords à souder, mais aussi pour réduire progressivement l'épaisseur de la tôle sur une certaine longueur: c'est ce que l'on appelle le 'délardage'. Certains délardages exigent des angles de chanfreinage supérieurs à 45°. Wouters Cutting & Welding et MicroStep ont proposé à cet effet une solution intégrant un rotateur d'oxycoupage.
Un scanner 3D intégré détermine la position et le contour d'une pièce préalablement découpée de manière droite. La machine peut ainsi adapter précisément la coupe de chanfreinage suivante sur la pièce réelle. Cela permet d'obtenir de meilleures tolérances sur les chanfreins et d'économiser de la matière première.
Des marquages facilitant le montage
Les deux machines disposent également d’une unité de marquage à jet d’encre permettant d’apposer notamment des numéros de lot à des fins de traçabilité, ainsi que des références de pièces ou des repères de position. Les collaborateurs peuvent ainsi relier chaque pièce découpée au plan et à sa position dans la construction.
Le traçage de lignes de montage fait aussi partie des fonctionnalités disponibles. Celles-ci indiquent par exemple l'emplacement des raidisseurs, des cloisons ou des plaques de raccordement, ce qui permet de limiter les opérations manuelles de mesure et de traçage lors de l'assemblage. Des indications telles que 'haut', 'face intérieure' ou une flèche directionnelle contribuent à positionner correctement les pièces.
Moins de travail manuel et des chanfreins plus réguliers
La préparation des bords à souder par commande numérique (CNC) permet non seulement de gagner du temps, mais elle présente également des avantages pour la gestion du personnel et la reproductibilité.
"Pour le chanfreinage manuel, il faut des professionnels qualifiés, et ils sont difficiles à trouver. De plus, le résultat dépend de la personne qui l'exécute. En réalisant cette opération sur les machines de découpe, nous pouvons obtenir la géométrie de bord prescrite de manière plus régulière. Cela facilite l'assemblage précis et le soudage des pièces", conclut Jef Geerinckx.